Investissement immobilier : la location type Airbnb est-elle toujours rentable ?

la location airbnb est elle toujours rentable ?

Vous êtes en train de planifier l’achat d’un appartement sur Caen, peut-être en accession aidée, et vous imaginez pouvoir louer ce bien via des plateformes de location comme AirBnB pour financer une partie de votre crédit immobilier. Renseignez-vous d’abord si vous avez le droit de louer votre futur bien et dans quelle mesure ce sera rentable. Il n’est pas certain que ce soit votre meilleure option.

En effet, il est révolu le temps où l’on achetait un logement pour le louer exclusivement sur Airbnb. D’abord, le nombre de fraudeurs sanctionnés s’est multiplié. Gare à vous si vous ne respectez pas l’article L324-1-1 du Code du tourisme qui indique que la location doit se limiter à 120 nuitées annuelles pour une résidence principale (4 mois par an ou 10 jours par mois).

Si c’est une résidence secondaire, c’est toujours 120 nuitées mais avec d’autres obligations (déclaration, enregistrement). Donc, depuis le 1er janvier 2019, l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (qui regroupe Airbnb, CléVacances, Interhome, TripAdvisor…), a mis en place un dispositif automatique de blocage des annonces au-delà de 120 nuitées par an.

Un vide législatif comblé

Ensuite, ce type de location de courte durée (meublé de tourisme) est désormais très encadré par la loi française : l’article 145 de la loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018 a défini précisément le meublé de tourisme et la loi ALUR renforcée de 2016 oblige les loueurs à se déclarer s’ils habitent dans une grande ville (plus de 200.000 habitants) et exige une entière coopération de la plateforme et des loueurs, sous peine d’amendes. Ajoutons que certaines municipalités ont mis en place des législations supplémentaires.

Dans de nombreuses municipalités, vous devez désormais vous enregistrer, obtenir un permis ou une autorisation avant de publier votre annonce ou d'héberger des touristes. Les fraudeurs s’exposent à des sanctions de plus en plus lourdes. A Paris, un défaut d’enregistrement coûte par exemple 450 € d’amende. Mais une condamnation pour location illégale peut coûter bien plus cher, jusqu’à 10.000€ d’amende.

Pas de location dans les logements dits « sociaux »

Autre point : à l’exception des locations à but non lucratif comme l’accueil de personnes âgées ou handicapées, il est illégal de louer son logement social ou même une partie de ce logement sur des plateformes de location courte durée. Souvent, les locataires du parc social ne sont pas informés de cette interdiction.

En novembre 2019, l'Union sociale pour l'habitat (USH), confédération de l'ensemble des bailleurs sociaux, avait envoyé une "mise en demeure" à Airbnb, Leboncoin et De Particulier à particulier (PAP). En effet, il leur était reproché dans ce courrier, de négliger d’informer leurs clients qu’un locataire d'un logement social n'a pas le droit de le louer à son tour à quelqu'un d'autre et d'en tirer une rémunération.

En attendant que le bras de fer entre ces diverses plateformes d’annonces locatives et l’Etat se solutionne, mieux vaut pour l’instant privilégier une alternative. Ces locations de courte durée s’avèrent, de fait, après prélèvements des taxes et frais divers, et avec les restrictions en cours, beaucoup moins lucratives.

Pour en savoir plus:
Diagnostic de performance énergétique et prix d'un logement

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